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Comment deux frères ont remis la purée de grand-mère au goût du jour dans un food truck, sur TikTok et désormais dans leur propre restaurant

Mar 9, 2025
Pureto

Lisette, ou « Mamie », comme l’appellent ses petits-enfants, préparait autrefois la purée la plus délicieuse qui soit. Le genre de purée que l’on n’oublie jamais. C’était également l’avis de ses petits-fils, qui allaient manger chez elle chaque semaine. Comme tant de grands-mères, elle cuisinait à merveille, mais ce qu’elle savait vraiment préparer de mieux ? Sa purée.

Mais comme souvent, ce genre de choses s’estompe avec le temps. On grandit, on déménage, et soudain, on ne mange plus cette purée. Les frères vivaient en colocation pendant leurs études, mangeaient de plus en plus souvent des plats rapides, et se sont soudain rendu compte : cette purée de mamie ? On n’en mange plus. Et c’est dommage.

C’est là que l’idée a germé. Ils voulaient faire revivre ce sentiment. Cette nostalgie, ce retour à la maison, ce repas chaleureux chez grand-mère. Ils ont donc décidé, il y a un an et demi, de remettre la purée de mamie sur la table. Mais avec une touche moderne. C’est ainsi qu’est né Pureto.

D’une idée née en colocation à une entreprise : Pureto prend forme

Les frères n’avaient aucune expérience dans la restauration. Ils savaient à peine faire cuire un œuf, sans parler de servir un plat complet. Mais ils avaient un seul objectif : créer une version végétale de la purée de grand-mère, afin que tout le monde, des végétaliens aux carnivores, puisse en profiter.

Ils ont peaufiné leurs recettes, trouvé une cuisine partenaire à Anvers qui a bien voulu collaborer avec eux malgré leurs faibles volumes, et développé trois saveurs de purée : pomme de terre classique, carotte et épinards.

Mais la purée seule ne constitue pas un concept. C’est pourquoi Pureto s’est construit autour d’un bol de purée garni de garnitures : de la viande ou des alternatives végétales, différentes sauces, et des petits plus comme des lardons ou du persil. Une cuisine réconfortante, mais à la fois visuellement attrayante et savoureuse, adaptée à la génération « fast casual ».

Tester, essayer, se lancer : la phase du food truck

Le premier test ? Un petit marché, à la dernière minute, via Gentrepreneur. Sans matériel, sans expérience, mais avec beaucoup d’enthousiasme. La famille a été mobilisée, les cuisines vidées, les micro-ondes emportés. Et cela a fonctionné : 100 bols vendus, des tonnes de retours positifs.

Leur grand rêve d’ouvrir leur propre restaurant n’était pas encore financièrement réalisable ; le food truck est donc devenu une étape intermédiaire. Ils en ont conçu un eux-mêmes, l’ont commandé sur un coup de tête en Chine (ce qu’ils ont beaucoup regretté par la suite) et ont pris des risques. Beaucoup de risques. Le food truck est arrivé juste à temps pour leur première saison de festivals.

Ils ont contacté des dizaines de festivals. « Quelque chose d’autre que des frites ou des hamburgers ? Volontiers ! » Très vite, ils ont reçu vingt confirmations, dont celle de Paradise City. Le food truck est devenu leur tremplin.

La puissance de TikTok

Leur première vidéo, publiée la veille de Noël 2023, a totalisé 80 000 vues. Pureto est devenu viral. En un rien de temps, ils comptaient 20 000 abonnés sur TikTok. Les jeunes les reconnaissaient lors des festivals. Et soudain, ils n’étaient plus simplement « ces gars à la purée », mais une marque.

Les demandes ont été si nombreuses qu’ils ont rapidement acheté un deuxième food truck (qui, cette fois, ne venait pas de Chine). En 2024, ils ont participé à 71 événements, réalisé un chiffre d’affaires de 430 000 € et prouvé à eux-mêmes, au marché et à la banque qu’ils étaient prêts pour leur premier établissement.

Du food truck au restaurant

En février 2024, ils ont ouvert leur premier établissement dans la Walpoortstraat à Gand. Ils ont misé pleinement sur la simplicité et l’évolutivité : des portions standardisées, des appareils faciles à utiliser comme un four mixte préprogrammé, et des équipes d’étudiants capables de faire tourner le restaurant sans avoir recours à des chefs coûteux.

Même les coûts alimentaires ont été optimisés grâce à des cuillères doseuses et des cuillères à glace : l’efficacité est primordiale.

Leur produit phare ? Le « Composez-la vous-même » proposé au kiosque, où les clients choisissent eux-mêmes la purée, la garniture, la sauce et les extras qu’ils souhaitent. Il représente les trois quarts des commandes.

Quelle est la suite ?

En septembre, ils ouvriront deux nouveaux établissements : l’un à Louvain (Tiensestraat) et l’autre à Bruges (Eiermarkt). De la ville étudiante au lieu touristique : Pureto poursuit sa croissance. L’objectif : trois nouveaux établissements chaque année, pour atteindre quinze en cinq ans.

Récemment, ils ont réussi à lever 300 000 € en seulement 26 minutes grâce à une campagne WinWinner, complétée par un financement bancaire de 900 000 €. Ces fonds serviront à financer les quatre prochaines succursales. Pureto construit une chaîne, étape par étape.

Qu’ont-ils appris ? « Il faut d’abord vivre l’enfer avant que les choses ne s’arrangent. »

Ils partagent leur parcours sans détours. « D’abord, travailler d’arrache-pied sans rien voir en retour. Des nuits blanches. Tout donner. » Mais aussi : planifier intelligemment, voir grand et oser croire que c’est possible.

Leur meilleur conseil ? « Téléphonez, tout simplement. » Ne rêvez pas, n’attendez pas, passez à l’action. Fournisseurs, partenaires, coachs… décrocher le téléphone ouvre souvent plus de portes que vous ne le pensez.

Pureto n’est plus seul dans la purée

Aujourd’hui, l’équipe se compose de collaborateurs permanents et d’étudiants. Leur responsable des opérations, leur responsable du food truck, leur directeur de restaurant et leur responsable marketing forment, avec les frères, une équipe animée par la passion, l’audace et un immense amour pour la purée.

Et tout cela… grâce à mamie.

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